Le marché des changes marocain a été marqué par une évolution contrastée de la monnaie nationale durant la dernière semaine écoulée. Selon les récents indicateurs hebdomadaires publiés par Bank Al-Maghrib (BAM), le dirham s'est globalement maintenu face à la monnaie unique européenne, mais a subi les conséquences du raffermissement du billet vert à l'international.
L'Euro stagne, le Dollar américain s'impose
Durant la période allant de la fin février au 4 mars 2026, la devise marocaine est restée quasi-stable face à l’euro. Cette stabilité relative reflète l'équilibre des flux commerciaux entre le Maroc et son principal partenaire économique, l'Union Européenne, dans un contexte où la politique monétaire de la BCE reste prudente.
En revanche, le scénario est différent de l'autre côté de l'Atlantique. Le dirham s'est déprécié vis-à-vis du dollar américain. Ce repli de la monnaie nationale s'explique principalement par un "effet marché" : le billet vert continue de s'apprécier sur les marchés financiers internationaux, soutenu par la résilience de l'économie américaine et le maintien de taux d'intérêts élevés par la Réserve Fédérale (Fed) face aux tensions géopolitiques persistantes.
Liquidité bancaire : Bank Al-Maghrib maintient son soutien
Au-delà des parités de change, le bulletin de la Banque Centrale offre un éclairage précieux sur la situation de la liquidité au sein du système bancaire marocain. Pour répondre aux besoins de financement de l'économie, Bank Al-Maghrib a maintenu un niveau d'intervention robuste.
Sur la période sous revue, les injections de liquidité de la Banque Centrale ont totalisé 149,7 milliards de dirhams en moyenne quotidienne. Ce volume, particulièrement important, est structuré de la manière suivante pour équilibrer le marché :
- 52,6 milliards de dirhams : injectés sous forme d'avances à 7 jours (l'instrument principal de BAM pour réguler le taux interbancaire).
- 55,1 milliards de dirhams : alloués via des opérations de pensions livrées à plus long terme (1 mois et 3 mois).
- 41,9 milliards de dirhams : accordés dans le cadre des prêts garantis, visant à soutenir le financement des PME et des secteurs stratégiques.
Un marché boursier en repli dans le sillage de l'international
Dans le même sillage que les tensions observées sur les devises et le renchérissement du risque, BAM rappelle dans son bulletin hebdomadaire l'évolution des places financières. Le MASI s'est en effet contracté, clôturant la semaine sur une forte baisse, traduisant une certaine aversion au risque des investisseurs face aux incertitudes liées aux prix de l'énergie et aux perspectives de croissance mondiale.
Note : L'agence précise enfin qu'au cours de cette période, aucune opération d'adjudication n'a été réalisée sur le marché des changes par la Banque Centrale, l'offre et la demande de devises ayant été couvertes de manière fluide par le marché interbancaire.
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Cette dépréciation face au dollar commence à peser sur notre facture énergétique et sur l'importation de matières premières facturées en billet vert. Heureusement que la stabilité face à l'euro compense un peu pour nos échanges avec la zone UE.