Des bourses qui reculent sans craquer, le pétrole toujours autour des 100 dollars, des analystes qui refusent encore d'envisager le pire... Les marchés terminent dans le rouge la deuxième semaine du conflit au Moyen-Orient, avant les réunions décisives des deux principales banques centrales.
📉 Des bourses qui reculent sans céder à la panique
Les marchés boursiers européens ont fini la semaine en retrait vendredi, tout en parvenant à limiter la casse. Sur le mois de mars, les principaux indices européens affichent des pertes comprises entre 5 et 7 %. Des baisses nettes, certes, mais qui restent sans commune mesure avec les violentes fluctuations observées sur le marché de la dette souveraine ou avec la flambée des prix de l'énergie.
| Place Financière / Indice | Variation journalière | Tendance |
|---|---|---|
| Paris (CAC 40) | - 0,91 % | Baisse |
| Francfort (DAX) | - 0,60 % | Baisse |
| Londres (FTSE) | - 0,43 % | Baisse |
| New York (Nasdaq) | - 0,77 % | Baisse |
| New York (S&P 500) | - 0,40 % | Baisse |
"Les investisseurs du monde entier restent captivés par les informations en provenance de la guerre en Iran et par leurs répercussions sur les prix de l'énergie. La fuite vers les valeurs refuges se poursuit." Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets
La situation n'est "pas si catastrophique" mais "peut dégénérer à tout moment", estime de son côté Andrea Tueni, responsable des activités marché de Saxo Bank. Par ailleurs, "tant que les marchés estiment que (le conflit) va être limité dans le temps, l'histoire montre que cela a peu d'impact sur les marchés d'actions", tempère Nicolas Bickel, responsable des investissements pour la Banque privée Edmond de Rothschild.
🛢️ Les prix du pétrole de nouveau à la hausse
Principale préoccupation mondiale, le prix du pétrole est reparti à la hausse vendredi en fin de journée. Le baril de Brent (référence européenne) a de nouveau franchi le seuil psychologique des 100 dollars, s'établissant à 101,01 dollars (+0,55%). Son équivalent américain, le WTI, cotait quant à lui à 97,51 dollars (+0,80%).
Nicolas Bickel nuance toutefois la situation : "Le pétrole à 100 dollars ou au-delà a peu de chances d'impacter la croissance mondiale de manière significative. Il faut quatre fois moins de pétrole pour générer un point de PIB que dans les années 1970."
Si le pétrole venait à atteindre les 120 dollars, cela pourrait générer entre 0,5 et 1% d'inflation supplémentaire selon les zones géographiques, et modifier les cycles de taux d'intérêt, bien que cela ne soit pas le "scénario central" des analystes à ce stade.
En parallèle, Washington a annoncé jeudi l'autorisation temporaire de la vente de pétrole russe stocké sur des navires. Cet assouplissement permet aux pays qui le souhaitent d'acheter cet or noir sans craindre de sanctions américaines. Le ministre des Finances, Scott Bessent, a déclaré que cette mesure visait à "accroître la portée mondiale de l'offre existante" afin de calmer les marchés.
🏦 Suspendus aux décisions des Banques centrales
Sur le front de la debtte, les tensions sont palpables. Le taux d'emprunt allemand à 10 ans, qui sert de référence européenne, a atteint 2,98 % (son plus haut depuis fin 2023). Son équivalent français (l'OAT à 10 ans) a enregistré 3,67 %, marquant son niveau le plus élevé depuis 2011.
Dans ce contexte extrêmement incertain, les regards se tournent vers les banquiers centraux. La réunion de la Banque Centrale Européenne (BCE) jeudi prochain, ainsi que celle de la Réserve Fédérale américaine (FED) la veille, seront scrutées à la loupe par les investisseurs.
Andrea Tueni estime qu'aucune décision brutale ne sera prise la semaine prochaine concernant une possible hausse des taux face au risque d'inflation. Face à cette nouvelle crise, la FED pourrait même faire le choix de privilégier le soutien à l'activité économique mondiale plutôt que la lutte stricte contre l'inflation.
Commentaires (1)
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Les marchés font effectivement preuve d'une résilience étonnante. La détente américaine sur l'exportation du pétrole russe stocké est une manœuvre très intéressante pour essayer d'inonder le marché et de briser la hausse mécanique du Brent. À suivre lors de la FED !