La Bourse de New York a clôturé globalement dans le rouge mercredi. La remontée fulgurante des cours de l'or noir ravive les craintes inflationnistes et pèse sur les indices, reléguant au second plan l'annonce historique d'une mobilisation massive des réserves stratégiques mondiales.
🛢️ Le pétrole résiste à l'offensive coordonnée de l'AIE
Dans une tentative pour atténuer les graves conséquences de l'escalade militaire au Moyen-Orient, les 32 pays membres de l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) ont décidé à l'unanimité de libérer 400 millions de barils provenant de leurs réserves stratégiques. Il s'agit du déblocage "le plus important" jamais réalisé dans l'histoire de l'institution.
Si cette décision a dans un premier temps contribué à faire chuter les cours de leurs sommets vertigineux (119 dollars atteints lundi dernier), l'or noir a rapidement repris sa marche en avant. Les cours ont bondi de plus de 4,5 % mercredi. Actuellement, le baril s'échange 20 dollars plus cher qu'avant le début de la crise.
"Nous avons très peu d'informations sur l'annonce de l'AIE. Nous ne savons pas quand elle entrera en vigueur, ni quelle sera la qualité du pétrole libéré. La masse de barils prêts à être débloqués implique que le problème de fond au Moyen-Orient est extrêmement grave." — Robert Yawger, Analyste pétrolier chez Mizuho USA
La mise à l'arrêt d'une large partie des exportations d'hydrocarbures depuis le Golfe a fortement tendu le marché pétrolier, faisant craindre un choc stagflationniste sur l'économie mondiale, un sujet suivi de près par les opérateurs financiers marocains (Lien interne).
🏦 L'inflation repousse les baisses de taux de la Réserve Fédérale
Sur les marchés d'actions, le Dow Jones a perdu 0,61 % et le S&P 500 a cédé 0,08 %. Seul le Nasdaq, à forte composante technologique, a résisté en grappillant 0,08 %.
La flambée du pétrole "réduit la probabilité que la Réserve fédérale américaine (Fed) abaisse ses taux d'intérêt au cours du premier semestre", expliquent les analystes. Résultat immédiat : le rendement des emprunts d'État américains à 10 ans s'est nettement tendu, grimpant à 4,22 % contre 4,16 % la veille.
Les acteurs du marché s'attendent désormais à ce que le prochain assouplissement de l'institution monétaire ait lieu en juillet ou en septembre (contre juin précédemment), selon les indicateurs prévisionnels du CME FedWatch Tool.
Par ailleurs, la place boursière a pris connaissance des derniers chiffres de l'indice des prix à la consommation (CPI) aux États-Unis, ressortis conformes aux attentes. Cependant, ces données datant de février, elles ne reflètent pas encore les récents chocs pétroliers.
💻 Micro-économie : Des résultats d'entreprises remarqués
Malgré la morosité macroéconomique, quelques valeurs se sont distinguées par d'excellentes performances individuelles :
| Entreprise | Clôture | Variation | Catalyseur |
|---|---|---|---|
| Papa John's | 38,86 $ | +19,42 % | Rumeurs de rachat par un fonds d'investissement (47$/action). |
| Nebius (IA) | 111,84 $ | +16,14 % | Investissement massif de 2 milliards de dollars par Nvidia. |
| Oracle | 163,12 $ | +9,18 % | Résultats T3 records (17,2 Mds $ de CA) et forte croissance du Cloud (+44%). |
Commentaires (1)
Laissez votre analyse
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *
La Fed n'aura pas le choix. Si le pétrole reste au-dessus des 100$, l'inflation va redémarrer et une baisse des taux cet été deviendra impossible. Le marché obligataire (10 ans à 4.22%) l'a déjà compris et commence à s'ajuster.